La firme Google a récemment changé, ou plutôt unifié, ses politiques de confidentialité, ce qui a provoqué de nombreuses discussions et critiques sur le Web. Au même moment, Facebook était l’autre géant de la technologie aux prises avec des débats acerbes relatifs aux impacts des changements de son interface sur la confidentialité des données de ses usagers. On peut en conclure que la confidentialité est devenue un point très sensible pour les internautes.
En même temps, c’est un enjeu difficile à maîtriser pour les organisations en raison des nombreux changements touchant à la fois les technologies et les comportements des utilisateurs. Le blogue TechCrunch a d’ailleurs publié un article intéressant à ce sujet. Il illustre bien le point de vue de Facebook, pour qui le Web n’est plus un média de lecture, mais un média de publication pour tous, et pour qui les utilisateurs identifiables ont remplacé les utilisateurs anonymes. Par contre, il faut savoir distinguer les diffusions publiques des conversations de groupe, ou strictement privées. Même lorsque les médias sociaux permettent de telles distinctions, il est fréquent de voir les utilisateurs se tromper et publier à tous des informations confidentielles.
Le monde de la recherche marketing n’est évidemment pas à l’écart du débat, d’autant plus que ses enquêtes se mènent de plus en plus sur Internet. Les organismes comme MRS (The Market Research Society) et CASRO (Council of American Survey Research Organizations) s’y sont intéressés récemment et un document de recommandations concernant la recherche sur les médias sociaux (Social Media Research Guidelines) est en cours de discussion.
Le moins qu’on puisse dire est que les avis des professionnels de la recherche marketing semblent très partagés à ce propos, comme le montre bien ce compte-rendu d’une table ronde Web figurant sur le blogue Greenbookblog.org. Ils constatent le besoin d’établir la confiance auprès du public, de respecter les législations applicables, mais aussi les décalages entre les volontés d’établir des règles et les réalités de fonctionnement du Web 2.0 et des médias sociaux. Le résumé final montre trois aspects importants.
D’une part, il est très difficile de se retrouver dans la forêt des différentes législations et des nombreuses politiques de confidentialité des différents sites, et encore plus d’estimer comment elles seraient interprétées par les juges et avocats en cas de conflits légaux. Beaucoup de lois touchant ces aspects sont antérieures à l’usage d’Internet et des médias sociaux. Leur application dans un nouveau contexte est donc difficile à prévoir.
Ensuite on note que, même si plusieurs utilisateurs ont de la difficulté à comprendre les implications de ce qu’ils diffusent sur les médias sociaux, le contenu qu’ils y publient est néanmoins leur responsabilité et c’est à eux de choisir les paramètres appropriés lorsqu’ils les utilisent.
Enfin, il ne faut pas oublier que le Web traverse les frontières et chevauche donc de multiples législations qui sont loin d’être uniformes et sont même parfois carrément divergentes. Les entreprises peuvent elles se contenter d’appliquer un «plus petit commun dénominateur» de règles de base? La réponse n’est malheureusement pas évidente, pas plus que la définition de ce minimum.
Par contre, ce qui est évident selon cette étude publiée en avril 2012, c’est que toute rupture de confiance a des conséquences brutales : plus des deux tiers des 1000 consommateurs britanniques sondés ont cessé de faire affaire avec une entreprise qui gérait mal leurs informations personnelles. Les enjeux de vie privée et de confidentialité ne doivent donc pas être sous-estimés.
L’équipe Voxco.





